Presse

L'exubérance de la couleur.

 

A l’entrée de la première salle, une salve de couleurs vives nous étourdit.

Elles fusent des paysages immenses que signe Caroline Dujardin.
Cette Bruxelloise, diplômée de la Cambre, a derrière elle un parcours étonnant, aux antipodes de celui auquel nous a accoutumés la majorité des artistes. Partie de l’abstrait, elle a éprouvé le besoin, un jour, d’effectuer un virage en épingle en direction du figuratif. A l’origine, le transfert d’un domicile urbain à Genval, dans un environnement de verdure et d’eau, avec en prime, l’ivresse des ballades en forêts et l’entretien d’un jardin.
C’est tout cela qu’elle nous restitue avec éclat et jubilation. Lacs d’azur, miroirs d’eau, nappes de ciel se confondent et sonnent le rappel d’arbres et d’herbes avides de s’y désaltérer. Des avants plans très travaillés s’interposent pour nous empêcher de plonger au cœur de ces abîmes ensorcelés, juste ce qu’il faut pour exacerber nos envies et nous préparer aux plus voluptueuses noyades.
Chacune de ses œuvres, nous dit-elle, est une promenade à l’aventure, à travers les tons d’une palette qui ne cesse, tout en gardant sa vivacité, de se diversifier et de gagner en nuances. Guidée par son instinct, elle aime, selon sa jolie expression, "laisser le hasard libre d’intervenir".

 

Jacques Henrard

Vers l’Avenir septembre 2003
Galerie Juvenal - Huy

 

Des couleurs sans fin.

 

Caroline Dujardin, jeune artiste peintre, se différencie de la grisaille trop souvent présente par une riche palette de couleurs et une lumière énergique qui semble sculpter des paysages du sud.

La couleur demeure très souvent le dernier souvenir que nos yeux ont distingué : couleurs d’un paysage, d’une émotion mais aussi couleurs du mouvement ou de l’immobilité. Ce sont ces couleurs en suspension autour de nous qui nous pénètrent peu à peu jusqu’à laisser leur empreinte définitive au fond de la mémoire. L’enfance garde peut-être cette image du paradis perdu en raison de la richesse de sa palette, mais les couleurs signent chaque époque de la vie jusqu’au blanc final où toutes se confondent et s’éteignent.

Caroline Dujardin semble porter en elle les traces d’une longue expérience des états colorés du paysage comme de la vie. Ancienne étudiante de la Cambre et aujourd’hui assistante, elle expose depuis 1986 et ses expositions ont drainé un public attaché à retrouver dans la peinture une jubilation, une joie de peindre que d’autres ont trop tendance à oublier.

Héritière très libre du fauvisme, elle projette littéralement ses visions sur la toile en y ajoutant cette énergie que certains nomment la générosité.

Cette générosité du regard est en même temps exigence : les couleurs vives négocient bien entre elles la confusion suffisante et nécessaire à cette vibration qui anime toutes ses toiles.

Les grands formats exposés au Senghor ont été choisis, entre autres, comme motifs de cartes postales par Amnesty International. La série de six cartes est superbe : on y retrouve le foisonnement de la vie et le choc des couleurs. L’artiste est surtout inspirée par les paysages des Cévennes, d’où elle ramène cette provision de sentiers escarpés, de falaises, de chemins creux, de sous-bois étouffés de chaleur, d’herbe piquetée de fleurs mauves et jaunes. Le soleil sculpte ses surfaces avec vigueur et en fait des volumes denses chargés d’une énergie rare.

Cette cohérence semble naître d’une volonté ferme de ne pas céder au règne du concept pur mais à la peinture uniquement. Cette peinture, renvoie vers le spectateur comme un prélèvement d’un vaste paysage. Ce prélèvement « chirurgical » permet de reconstituer tout le tissu. Le sud empierré et craquant résonne sur la toile. Nous avons l’occasion, en cette fin d’année, de découvrir un des jeunes talents les plus annonciateurs d’une œuvre belle et heureuse.

 

Daniel Simon
R
evue Semper -nov 1993

 

Paysages

 

La peinture de Caroline Dujardin se situe dans la belle tradition de la peinture fauve.

C’est dire le sens des couleurs dont les accords exaltés chantent la lumière et la sensation.
Inspirée par les paysages des Cévennes, elle rejoint cette densité des peintres du nord comme August Macke, Schmidt-Rottluff ou encore Jean Vanden Eeckhoudt.

 

Weekend-l’express - juin1992 - signé G.G.

 

Caroline Dujardin en majuscules.

 

"A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles
Je dirai quelque jour vos naissances latentes…"    Arthur Rimbaud

 

Est- ce parce que la signature de Caroline Dujardin comporte à elle seule toutes les voyelles de l’alphabet, qu’à l’instar du poète, Caroline Dujardin en connaît bien les couleurs dont elle dit à chaque tableau les naissances latentes ?...

Vous en trouverez la réponse à la salle Allende qui ouvre ses portes, au début du mois de juin, à cette jeune artiste de 31 ans, pour une première exposition personnelle, fruit de plusieurs années de travail et de recherche.

De fait une fois passée les portes de l’exposition, on se retrouve au beau milieu d’un monde rimbaldien. De toiles en toiles, on découvre le noir des golfes d’ombre, le blanc des lances des glaciers fiers, le rouge du rire des lèvres belles, le vert des vibrements divins des mers virides, et le bleu des silences traversés des mondes et des anges. Et si l’on sait de Rimbaud qu’il donnait des couleurs aux voyelles, on peut dire de Caroline Dujardin qu’elle donne aux couleurs leurs lettres de noblesse.

 

Actuellement assistante à l’ENSAV la Cambre, Caroline Dujardin a été sélectionnée à de nombreux prix et de nombreuses expositions collectives, dont notamment à la galerie Pascal Polar, au Musée d’Ixelles, au musée des beaux-arts de Charleroi, ainsi qu’à la salle Allende. Une peinture murale orne par ailleurs les murs du centre sportif de la forêt de Soignes. Qu’il s’agisse de peintures murales ou de toiles, depuis ses débuts, l’art de Caroline Dujardin s’est toujours exprimé sur de grands formats, où les couleurs, vives et douces à la fois, s’étendent et se mélangent à l’infini. Inspirée par les paysages des Cévennes, l’univers de Caroline Dujardin se dissout dans des paysages abstraits aux tons fauves dont l’artiste sait retenir sur la toile toute sa lumière.

Ses tableaux géants sont comme des bouts d’horizon : de grand format en grand format, Caroline Dujardin refait le monde.

 

"Grand format", un appel aux institutions et aux entreprises.

 

L’exposition « Grand format » de Caroline Dujardin s’adresse bien sûr aux amateurs d’art et aux collectionneurs, mais aussi et surtout elle est un appel aux institutions et aux entreprises……et est ainsi l’occasion de plaider, une fois de plus, pour l’exposition de l’art contemporain dans les sites fréquentés tous les jours par un large public. Dans ce cadre l’achat et l’exposition d’art, par les institutions et les entreprises, dans leurs espaces de travail où de réception, est un acte important. Non seulement il aide l’artiste financièrement, mais il fait aussi entrer l’art contemporain –et donc une forme de réflexion et un reflet de la sensibilité de notre époque – dans l’espace public quotidien. Ainsi il pourrait s’agir d’une manière simple de donner aux gens d’aujourd’hui des points de repères pour comprendre et aimer l’art d'aujourd’hui et donc aussi la société d’aujourd’hui.

A tous d’en susciter, auprès des institutions et des entreprises, la volonté et l’engagement. 

 

Telex(revue de l’ULB) juin 1992
T.Van Beers

 

Exposition "Grand Format" 

 

Le grand format semble solliciter beaucoup de jeunes artistes : faut- il y voir un défi de la surface, un besoin du geste ample, une indication d’aspirations dynamiques et lyriques ou dramatiques ?

Caroline Dujardin, assistante à la Cambre, affronte les panneaux de la salle Allende à l’ULB jusqu’au 13 juin.

C’est la nature qui lui inspire de grands mouvements de couleurs d’une abstraction allusive : forces vitales qui déferlent ou s’enchevêtrent en de grandes coulées peintes avec fougue. L’idée sous-jacente à l’exposition est d’être « le point de départ d’une réflexion sur le rôle des institutions et des entreprises dans l’aide à la création et à la promotion artistique » un domaine dans lequel, effectivement, on aimerait que l’on vît grand.

 

Arts Antiques Auction - juin 1992